Coupe d'Europe des Clubs Champions U20 W à Tampere - 15.09.2007 (23'17)

   

Résumé de la compétition

En Finlande, à l'occasion de la Coupe d'Europe des clubs U20 W, les athlètes juniores de la CoA Lausanne-Riviera ont plus brillé que le soleil de Tampere! Le climat - tout sauf tempéré - fut pourtant déterminant pour notre équipe. Ainsi après un début de compétition réalisé à pas feutrés à cause d'une pluie à ne pas mettre un chat dehors, nos filles se sont vite transformées en félines aux griffes acérées dès le retour à un temps plus sec et partiellement ensoleillé. Le matin a donc été rude pour un peu tout le monde et c'est avec brio que Charline Gonin a pu décrocher le premier podium pour la CoA avec une belle troisième place au saut à la perche. De retour d'un autre stade où avait eu lieu le marteau, on a appris également le cinquième rang de Krislane Cosentino avec un nouveau record du club à 24,81 m. Les jeunes cadettes A première année nous sauvaient un peu la baraque suite aux trois fois un point en hauteur, au triple et au disque. La soupe de midi a quelque peu réchauffé les coachs frigorifiés qui attendaient impatiemment les courses de sprint qui, en théorie, devaient permettre à toute l'équipe de reprendre des couleurs. En entendant Margaux Luscher vomir son dîner, on s'était dit que l'affaire était encore loin d'être dans le sac! Pourtant cette après-midi allait se révéler impeccable car on a pu assister à la résurrection de la CoA Lausanne-Riviera! C'est Chloé Oberson qui a envoyé une première fusée pour signaler notre présence sur la piste avec une deuxième place au 400 m. haies obtenue de haute lutte en 1'04"99. Le festival pouvait commencer et les filles ne s'en sont privées, bien au contraire. Margaux Luscher, qui avait repris des couleurs, était en embuscade à 300 m. de l'arrivée de son 800 m. Il faut dire que l'allure s'était déroulée sur un train de sénateurs, l'Espagnole demandant un relais que Margaux lui avait jusque là toujours refusé. "Tu rêves ou quoi?" semblait dire Margaux à sa concurrente Ibérique lorsque leurs regards se croisèrent à plusieurs reprises; le duel pouvait commencer à 200 m. du but avec une accélération franche à laquelle Margaux répondit du tac au tac. Au début de la ligne droite, la jonction était faite. Mieux, Margaux passait irrésistiblement et remportait la première victoire pour la CoA en... 2'34"36. Aux anges, Margaux n'avait pas pu s'arrêter complètement. Elle trottinait en décrivant des cercles sur elle-même, incrédule. Sur le podium, enroulée du drapeau suisse, Margaux appréciait à sa juste valeur l'hymne national suisse. C'était cool et quelque chose nous disait qu'on allait réentendre le "Sur nos monts..." plusieurs fois dans la journée. Sur 100 m., Nathalie Fayet n'a pas aimé l'accent du starter lorsqu'il a prononcé le commandement "prêt" dans sa langue natale. Ça donnait du genre "vaolmiiiit". Le faux-départ qu'elle provoqua ne l'a pas décontenancée et au deuxième start, on vit Nath partir comme une furie, seule devant. Le vent, hélas trop fort, l'avait poussée à hauteur de son record personnel en 12"53 et personne n'avait réussi à la suivre puisque elle avait relégué sa dauphine à près de six dixièmes! Ça avait pas très l'air net pour les juges finnois qui l'embarquèrent au contrôle anti-dopage sans lui laisser le temps de monter sur le podium. Malgré l'ingurgitation rapide de quelques bouteilles d'eau, elle a mis plus de deux heures pour satisfaire les juges et au passage sa vessie. Protocole rempli et tests scientifiques effectués, Nathalie pensait pouvoir retrouver les siens, mais non! Il manquait un millième à la valeur au niveau de la concentration des urines et il fallait y retourner. Peace & Love. Entre-temps, Sarah Müller effectuait son 400 m. Comme d'habitude, elle a réalisé une course pleine et elle s'est donnée sans compter qu'il y aurait un autre tour de piste à faire lors du relais en fin de journée. Sarah se battit pour la seconde place, ce qu'elle a brillamment obtenu dans les derniers mètres de course. En voyant ses copines sprinteuses briller, Bérengère Fournier avait quant à elle peur de mal faire. Le speaker ressortit du lot notre jeune athlète en estropiant de très jolie manière son prénom lors de la présentation du 200 m. Le sourire était de mise dans les gradins, mais l'était-il aussi pour Bérengère? Le temps d'un virage bien mené nous montra qu'elle serait elle aussi en mesure de nous rejoindre avec le sourire. Elle mit en tous cas un soin tout particulier au niveau du relâchement en entrée de ligne droite et c'est ce qui lui a permis de remporter sa course en 26"24, avec une fois de plus pour elle du vent contraire. Le poids a eu lieu derrière le stade et il a échappé à la vision d'une bonne partie de la délégation. Diane Badoux est revenue de là-bas avec trois nouveaux points bienvenus puisqu'ils émanaient d'une discipline technique. A ce niveau, on attendait encore l'entrée en lice de Jutta Heinonen (le seul nom prononcé comme il faut par le speaker...) en longueur et au javelot. Mais avant cela il fallait repasser un moment au purgatoire avec les courses de demi-fond. On pensait perdre beaucoup de plumes mais finalement le 1500 m., le 3000 m. et le 3000 m. steeple nous rapportèrent tout de même neuf points, ce qu'on aurait signé les yeux fermés avant de venir ici. Nos coureuses ont été courageuses en se lançant dans des batailles de loin pas évidentes à gérer. Gaëlle Overney avait à coeur de rattraper ses dérapages non contrôlés du saut en hauteur par un 1500 m. inédit pour elle. Elle a superbement bien tenu le coup dans l'assaut final en défendant sa quatrième place becs et ongles ce qui lui fit même revenir sur les talons de l'Espagnole médaillée de bronze. Avec un peu plus d'expérience, donc de foi en ses possibilités, Gaëlle aurait pu elle aussi décrocher un podium. Le 3000 m. de Noemi Caaveiro et le 3000 m. steeple de Céline Guex furent identiques et ils ont ressemblés à deux longues chevauchées solitaires. Celle de Céline fut plus épique avec tout de même le passage des haies et de la fosse située à l'extérieur de la piste. Nos deux jeunes coureuses ont rapporté cinq points précieux et inespérés. La dernière discipline à risque, le 100 m. haies, a été assurée de main de maître par Charline Gonin. Grelottante le matin lors de la perche, Charline a réussi a retrouver de l'énergie pour sa première course sur les haies placées à 84 cm. Elle s'est bien battue sur chaque haie, revenant même sur le plat pour la troisième place, mais en vain pour cinq centièmes. La régionale de l'étape Jutta Heinonen, dont la maman Liisa avait déjà couru un 4 x 100 m. dans ce stade il y a bien quelques années, était notre dernière valeur sûre quant à un accès au podium. Le vent contraire l'a particulièrement gênée au saut en longueur où, en s'excusant mille fois, elle n'avait pas pu faire mieux que troisième avec 5,38 m. Son dernier saut, mordu de peu, avait eu la valeur de la victoire aux environs des 5,70 m. Elle possédait une autre occasion de briller avec le lancer du javelot, la discipline de prédilection des finlandais. Elle fut poche de la victoire avec un joli 42,24 m. mais elle dut s'avouer vaincue pour 18 petits centimètres. La compétition touchait presque à sa fin. Un coup d'oeil au classement général nous plaçait en troisième position juste avant les deux relais, à trois points des Slovaques mais relativement loin derrière les Espagnoles. Le but était donc non seulement de défendre cette place, mais également de passer les filles de l'Est. Les championnes suisses du 4 x 100 m. (Jutta Heinonen, Sandy Wittwer, Bérengère Fournier et Nathalie Fayet) n'ont absolument pas tremblé dans leur tâche en effectuant des passages à la précision bien helvétique. Elles se sont imposées avec près de 20 m. d'avance en 48"38. Les Slovaques étaient maintenant derrière nous avant le 4 x 400 m. et nous étions fort confiants de maintenir cet avantage car notre équipe du 4 x 400 m. avait également fière allure. C'est Delphine Balliger qui a merveilleusement lancé la course en donnant le témoin à Chloé Oberson dans une position plus que favorable. Elle doubla cet avantage lors de son tour de piste. Sarah Müller partit raisonnablement mais fut remontée par l'Espagnole, un peu suicidaire. Très intelligemment, Sarah ne se piqua pas au jeu; elle laissa sagement passer l'orage et elle put cueillir son adversaire dans la dernière ligne droite pour redonner l'avance idéale afin que Margaux Luscher parachève le travail. Dans ce dernier relais, il y avait de la revanche dans l'air avec les deux protagonistes du 800 m. disputé quatre heures plus tôt. Mais il a été dit que Margaux serait royale durant ce week-end et elle assura aussi la victoire dans ce relais 4 x 400 m. Au classement final, les Espagnoles du Playas de Castellon l'ont emporté avec sept points d'avance sur la CoA Lausanne-Riviera, les Slovaques quant à elles ont craqué sur la fin et se retrouvaient troisièmes à 5,5 points. Nous avons aussi entendu cinq fois l'hymne national, remporté trois médailles d'argent et deux de bronze. Ce bilan est totalement inespéré et il récompense divinement la belle saison 2007 de nos athlètes.
Également présents à Tampere, les boys du BTV Aarau ont eux aussi vécu de fort beaux moments et ils ont aussi terminé sur le podium, à la troisième place. Notons que le solidarité suisse a bien marché au niveau des encouragements respectifs. C'était une compétition exceptionnelle à vivre et les coachs, fiers de leurs athlètes, les remercient pour le spectacle fourni. Qui ne s'arrêta d'ailleurs pas au stade, bien au contraire puisque ce sont les Helvètes qui ont mis l'ambiance lors de la Victory Ceremony du soir! Le reste du séjour à Tampere fut serein et on se plaît à remarquer l'état d'esprit positif et joyeux de nos filles, qui ont tout de même touché le fond à une reprise lors de ce week-end. C'était à bord du Yellow Submarine des Beatles, une chanson littéralement massacrée lors d'un karaoké, puis dans le car du retour. Ouh la la!